
Je suis tombé l’autre jour nez à nez avec Roger Karoutchi.
Cet homme est laid. Pas simplement « pas beau », non, vraiment laid. Laid dans le sens que son visage n’inspire rien d’agréable sauf peut être de la pitié pour les épreuves qu’il dû traverser (la Méditerranée ?). Sa laideur s’entend même au sens métaphysique. Je veux dire par là qu’elle cache quelque chose, qu’elle est le reflet de son âme.
En le regardant j’ai donc pensé à deux romans : Dr Jeckyll & Mr Hide de Stevenson et Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde.
Ces deux romans ont en commun de voir le visage comme le reflet de l’âme, de sa pureté, de ses tourments, et même de son histoire.
Dans le premier roman un médecin, Jeckyll, bien sous tout rapport et notamment sur le plan physique se transforme en son exact opposé : Hide. Hide est méchant, Hide est sauvage, mais ce qui nous intéresse c’est que pour symboliser tout cela Hide est hideux.
Dans le second roman, les outrages du temps et les souillures des actes qui marquent l’âme s’inscrivent sur le portrait d’un jeune bourgeois plutôt que sur son visage. Dorian Gray semble donc toujours aussi doux, innocent et jeune.
Je ne connais pas Roger Karoutchi. Je ne connais pas sa vie, ni son âme. C’est probablement quelqu’un de très bien.
Certaines choses qu’il fit me le rendent désagréable -comme son coming out politicien-, tandis que d’autres devraient attirer ma sympathie. Ainsi dit-on de lui que tous les jeunes ambitieux qui couchent avec lui virent à droite (enfin passe du PS à l’UMP, je vous laisse juger de l’ampleur du virage) ; voilà un prosélytisme qui ne devrait pas me déplaire.
Mais à le regarder je pense à Dorian Gray, ou plutôt au portrait de celui-ci. Si on valide l’hypothèse de Stevenson et Wilde selon laquelle le visage est le reflet de l’âme alors celle de Karoutchi est aussi noire que son visage est laid et son parcours politique insignifiant.

